Le titre du récent rapport de Gallup intitulé « State of the Global Workplace » indique que « dans l’entreprise type d’aujourd’hui, la plupart des employés ne sont ni engagés ni activement désengagés ».

Cela n’a rien de surprenant, compte tenu de la montée en puissance du « quiet quitting », de la lassitude face aux changements incessants et de l’évolution constante des attentes professionnelles. Il est toutefois essentiel de ne pas se contenter d’une lecture superficielle de cette situation. Ce n’est pas parce que nos employés ne sont ni activement engagés ni désengagés qu’ils ne vivent pas une multitude d’émotions sur leur lieu de travail. Des émotions qui pourraient nous en dire bien plus que nous ne le pensons.
Selon l'étude de Gallup, près de la moitié des personnes interrogées se disent stressées (et bon nombre d'entre elles sont en colère). Le sentiment de colère est légèrement plus élevé chez les femmes (23 %) que chez les hommes (20 %), et plus marqué en Asie du Sud (36 %) et au Moyen-Orient (32 %) qu'en Europe (14 %), en Australie (15 %) et en Amérique latine (13 %). Les États-Unis (18 %) se situent à peu près dans la moyenne. Il est intéressant de noter que l'intention de quitter l'entreprise suit une tendance similaire d'un pays à l'autre, ce qui laisse entrevoir de graves conséquences financières si ces émotions ne sont pas prises en compte et gérées.
Qu'est-ce qui doit changer ?
Depuis trop longtemps, on a tendance à éviter, à dissimuler, voire à nier les émotions fortes sur le lieu de travail. Malgré l’évolution vers un leadership plus ouvert sur la vulnérabilité, la reconnaissance et la prise en compte des sentiments, des émotions et des réactions humaines ne constituent pas une pratique courante. Même aujourd’hui, le discours sur les émotions est souvent perçu comme trop « sentimental », inutile et totalement déconnecté des résultats commerciaux attendus.
Chez United Minds, un cabinet de conseil qui s'attache à rendre le monde de l'entreprise plus humain, nous voulons démontrer que cette façon de penser doit évoluer. Aujourd'hui plus que jamais, les employés sont de plus en plus submergés par de nouveaux programmes auxquels ils doivent adhérer, des messages à diffuser et, dans de nombreux cas, des changements radicaux dans leur façon de travailler au quotidien.
Si nous ne prêtons pas attention aux véritables émotions de nos collaborateurs, comment savoir s’ils adhèrent réellement aux changements à venir ? Comment évaluer l’ampleur de leur lassitude face au changement ? Et comment pouvons-nous envisager des mesures de gestion du changement qui soient réellement efficaces ? En accordant davantage d’attention à ces émotions, nous pouvons mener des programmes de changement plus efficaces, obtenir des résultats commerciaux bien plus rapidement, et fidéliser et impliquer davantage de collaborateurs dans ce processus.
Quatre façons de libérer les émotions pour favoriser le changement
- Créer des occasions de partager ses émotions – Lors d’un récent atelier destiné aux clients, nous avons demandé aux dirigeants d’indiquer où ils se situaient dans la matrice énergie-état. Cet outil utile reconnaît qu’aucun employé ne peut être constamment en mode « performance », qu’un temps de récupération est nécessaire et que le mode « survie » ne peut être maintenu indéfiniment avant que l’épuisement professionnel ne devienne une réalité. En créant un environnement sûr, nous avons constaté que plus de 25 % du groupe se trouvait en mode survie ou épuisement ; cette prise de conscience a permis à l'équipe de direction de planifier plus efficacement ses efforts de transformation et les attentes qu'elle place sur les dirigeants.
- Tirer parti des connaissances sur le plan émotionnel pour éclairer les stratégies de gestion du changement : les meilleures équipes de gestion du changement au monde ne se contentent pas de suivre aveuglément les outils et les théories en la matière. En adoptant une approche humaine du changement, elles mettent en place des mécanismes et des espaces permettant de saisir et de mettre en lumière les réactions émotionnelles en temps réel, dès le début du processus. Elles recourent notamment à des méthodes telles que l'application du modèle SCARF ou à des exercices d'écoute pour mettre au jour les véritables réactions émotionnelles. Elles utilisent ensuite ces informations pour élaborer des stratégies de gestion du changement qui s'attaquent véritablement à ces émotions.
- Former les responsables hiérarchiques et les responsables d'équipe à identifier et à gérer les réactions émotionnelles : l'intelligence émotionnelle (EQ) reste aujourd'hui une compétence essentielle pour tout dirigeant d'entreprise. Les organisations qui prennent cela au sérieux recrutent et forment des responsables afin qu'ils puissent passer à la vitesse supérieure, en mettant particulièrement l'accent sur la gestion de ces réactions dans un environnement en constante évolution. Des approches telles que faire preuve d'empathie, poser des questions ouvertes et reformuler ce qui a été entendu pour s'assurer que les personnes se sentent écoutées, puis s'appuyer sur des outils et des techniques pour gérer les réponses, par exemple en introduisant des cadres de référence comme la matrice énergétique ci-dessus. Nous avons constaté une augmentation des demandes pour ce type de programmes de formation au cours de l'année écoulée, les participants soulignant l'importance et l'impact d'un investissement dans ce domaine.
- Développer la conscience de soi et la résilience en tant que compétences clés – Lorsque les membres de l'organisation sont conscients de leurs sentiments et les identifient au travail, ils sont plus à même de les gérer d'une manière qui ne nuise pas à leur santé mentale et ne perturbe pas le lieu de travail. Cette résilience personnelle peut permettre aux employés de trouver de meilleurs moyens de faire face aux situations stressantes, d'être plus concentrés et productifs en période de changement constant, et de s'épanouir tant sur le plan personnel que professionnel.
Essayez ces stratégies et dites-nous ce que vous en pensez. Cela peut sembler un peu difficile au début, mais nous sommes convaincus que cela en vaut la peine. Pour plus d'informations, rendez-vous sur [email protected].